Immobilier : un nouveau ralentissement attendu en 2026
Le marché de l’immobilier résidentiel est attendu en baisse en 2026, remontée des taux d’intérêts, baisse du pouvoir d’achat immobilier, incertitudes

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Le dernier rapport Immo Trend, d’avril 2026, publié par La Banque Postale, fait le point sur le marché de l’immobilier après ce premier trimestre 2026. Les données analysées sont en partie issues du rapport Immostats. Le constat est assez contrasté pour les projections portant sur 2026. La guerre au Moyen-Orient ajoute un risque supplémentaire, dont les impacts portent notamment sur les taux d’intérêts. Au final, le marché de l’immobilier résidentiel est attendu de nouveau en berne en 2026, après une reprise constatée en 2025. Aucune véritable chute attendue, juste une année de transition, avant une reprise espérée en 2027, année de l’élection présidentielle, ce qui est pour le moins étonnant.
(c) Immo Trend, avril 2026, La Banque Postale
Baisse en 2026, avant une reprise espérée en 2027
La reprise du marché, amorcée courant 2024, s’est confirmée l’an dernier, portée par un redressement du pouvoir d’achat immobilier des ménages, largement attribuable à un niveau de taux de crédit relativement bas. Toutefois, la phase actuelle de normalisation des taux, accélérée par la résurgence du conflit en Iran, viendrait rogner la capacité d’achat des ménages. Ces derniers ont d’ailleurs anticipé ce mouvement en accélérant leurs transactions en fin d’année 2025 afin d’échapper à la remontée attendue des taux. Dans ce contexte, l’année 2026 pourrait être marquée par un repli de l’activité, sur fond de marché à nouveau grippé par la perte de pouvoir d’achat immobilier. En 2027, le marché ne connaîtrait pas de dynamique notable et évoluerait davantage autour de son niveau d’équilibre. Au total, le volume de transactions reculerait d’environ 1,6% en 2026 avant de connaître un léger redressement modéré à +0,5% en 2027.
(c) Immo Trend, avril 2026, La Banque Postale
Projections en 2026 et 2027
Le redressement progressif du marché immobilier, amorcé au second semestre 2024, a permis une correction haussière des prix, se traduisant par un rebond effectif en moyenne annuelle en 2025. À l’horizon fin 2027, les prix dans l’ancien devraient conserver une trajectoire orientée à la hausse, malgré un léger repli de l’activité anticipé en 2026. En pratique, même dans ce scénario de modération du marché, celui-ci évoluerait globalement autour de son niveau d’équilibre, compte tenu de l’évolution de la capacité d’achat des ménages, limitant ainsi les pressions baissières sur les prix. Ces derniers progresseraient ainsi modérément en 2026, autour de +0,8%, avant de bénéficier de la reprise graduelle de l’activité en 2027 pour atteindre une hausse de près de +1,2%.
Ainsi, les effets de la dégradation de l’environnement économique devraient se transmettre principalement par un ajustement des volumes, avec un impact plus limité sur les prix, lesquels évolueraient en 2026 à un rythme comparable à la moyenne observée en 2025. Néanmoins, une détérioration plus marquée de la conjoncture pourrait remettre en cause ce scénario et exercer, in fine, des pressions sur les prix. Perspective : repli attendu en 2026
En 2025, la production de crédits à l’habitat s’est nettement redressée, en cohérence avec la reprise des transactions immobilières et la reprise concomitante des prix. Cette dynamique a même permis d’effacer intégralement le repli enregistré en 2024, traduisant un retour de la demande solvable dans un contexte de conditions de financement plus favorables. En 2026, le ralentissement attendu du marché immobilier devrait se transmettre mécaniquement à la production de crédits. Celle-ci s’inscrirait en repli sur l’ensemble de l’année, avec une baisse estimée à près de –5%, reflétant la dégradation de la capacité d’achat des ménages et un climat plus attentiste.
Le redressement progressif anticipé du marché en 2027 devrait ensuite permettre une reprise graduelle de la production de crédits, dont la croissance resterait toutefois modérée, de l’ordre de +1%, dans un environnement de marché davantage stabilisé.