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Immobilier : le nombre de biens en vente progresse encore

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Le marché immobilier français retrouve-t-il des vendeurs, mais manque-t-il toujours d’acheteurs ? Selon le dernier indice d’activité des vendeurs publié par eXp France, 862 405 logements étaient proposés à la vente au troisième trimestre 2026, soit une progression de 0,8 % par rapport au trimestre précédent. Une hausse modeste à l’échelle nationale, mais qui masque des évolutions régionales contrastées. Les Pays de la Loire enregistrent la plus forte augmentation du nombre de biens disponibles, tandis que la Corse connaît le recul le plus marqué. Dans un contexte de remontée des taux des crédits immobiliers et de prudence des acquéreurs, les propriétaires vendeurs doivent désormais composer avec un marché moins favorable aux prix excessifs.

Immobilier : plus de 862 000 logements proposés à la vente en France

Le dernier indice trimestriel d’eXp France fait état de 862 405 appartements et maisons disponibles à la vente sur le marché français, en hausse de 0,8 % par rapport au trimestre précédent. L’évolution reste limitée, mais elle intervient alors que les conditions d’accès au crédit immobilier se durcissent et que les candidats à l’acquisition prennent davantage de temps pour concrétiser leurs projets. Sur les treize régions métropolitaines étudiées, sept enregistrent une augmentation du stock de biens à vendre, cinq connaissent une diminution et une affiche une quasi-stabilité. Le marché immobilier français ne connaît donc pas une explosion généralisée du nombre de logements disponibles, mais plutôt une légère accumulation des biens proposés à la vente. Cette tendance peut traduire une augmentation des mises en vente, un ralentissement des transactions ou une combinaison des deux phénomènes.

Les Pays de la Loire enregistrent la plus forte hausse des biens à vendre

Avec une augmentation trimestrielle de 2,4 %, les Pays de la Loire arrivent en tête des régions où le nombre de logements proposés à la vente progresse le plus rapidement. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur suit avec une hausse de 1,6 %, devant l’Île-de-France (+1,5 %), le Grand Est (+1,4 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (+1,3 %). La Nouvelle-Aquitaine (+0,8 %) et l’Occitanie (+0,7 %) complètent la liste des régions enregistrant une progression. Ces évolutions restent relativement modérées, mais elles montrent que l’offre immobilière tend à augmenter dans plusieurs des grands marchés résidentiels français. Pour les acquéreurs, cette progression du nombre de biens disponibles peut constituer une opportunité de disposer d’un choix plus important et de négocier davantage les prix. Encore faut-il que les logements proposés correspondent à leur budget et à leurs critères de recherche.

Corse, Normandie : le nombre de logements à vendre diminue

Toutes les régions ne suivent pas la même tendance. La Corse affiche la plus forte contraction du stock immobilier disponible, avec une baisse de 3,5 % sur le trimestre. La Normandie suit avec un recul de 2,5 %, devant le Centre-Val de Loire et la Bourgogne-Franche-Comté, qui enregistrent chacun une diminution de 1,9 %. La Bretagne affiche une baisse très limitée de 0,1 %, tandis que les Hauts-de-France restent pratiquement stables. Ces diminutions ne signifient pas nécessairement que les transactions immobilières accélèrent dans ces territoires. Une réduction du stock de logements disponibles peut aussi résulter d’un ralentissement des nouvelles mises en vente, de retraits d’annonces ou de ventes effectivement conclues. Les chiffres de l’indice ne permettent pas, à eux seuls, de distinguer ces différents phénomènes.

Classement des régions : évolution du nombre de logements à vendre au troisième trimestre 2026

RégionÉvolution trimestrielle
Pays de la Loire +2,4 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur +1,6 %
Île-de-France +1,5 %
Grand Est +1,4 %
Auvergne-Rhône-Alpes +1,3 %
Nouvelle-Aquitaine +0,8 %
Occitanie +0,7 %
Hauts-de-France Quasi-stable
Bretagne -0,1 %
Bourgogne-Franche-Comté -1,9 %
Centre-Val de Loire -1,9 %
Normandie -2,5 %
Corse -3,5 %
France métropolitaine +0,8 %

L’Île-de-France concentre près d’un quart des logements à vendre

La répartition géographique des annonces immobilières montre également une forte concentration de l’offre dans quelques grandes régions. L’Île-de-France représente à elle seule 23,6 % des logements proposés à la vente, soit près d’un bien sur quatre. La Nouvelle-Aquitaine arrive en deuxième position avec 12 % du stock national, suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (11,7 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (11,2 %) et l’Occitanie (11 %). Ces cinq régions concentrent ensemble 69,5 % des logements disponibles à la vente en France. Cette répartition reflète notamment leur poids démographique, la taille de leur parc immobilier et l’activité de leurs marchés résidentiels. Elle ne permet toutefois pas de déterminer directement les régions où il serait le plus facile d’acheter, car il faudrait pour cela rapporter le nombre d’annonces au nombre de ménages, aux transactions et à la demande locale.

RégionPart du stock national de logements à vendre
Île-de-France 23,6 %
Nouvelle-Aquitaine 12,0 %
Auvergne-Rhône-Alpes 11,7 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur 11,2 %
Occitanie 11,0 %
Total des cinq régions 69,5 %
Autres régions 30,5 %

Davantage de logements à vendre : une mauvaise nouvelle pour les propriétaires ?

L’augmentation du nombre de logements proposés à la vente peut sembler rassurante pour les candidats à l’acquisition, mais elle est plus ambiguë pour les propriétaires vendeurs. Lorsque les annonces restent plus longtemps sur le marché, les acquéreurs disposent d’un choix plus important et peuvent comparer davantage de biens avant de prendre une décision. Les logements affichés à des prix trop élevés risquent alors de rester disponibles pendant plusieurs mois. À l’inverse, les biens correctement évalués, bien situés et présentant de bonnes caractéristiques énergétiques peuvent continuer de trouver preneur. La hausse du stock de logements à vendre ne signifie donc pas nécessairement que les prix vont baisser partout, mais elle peut renforcer le pouvoir de négociation des acheteurs dans les secteurs où la demande ralentit. L’évolution des délais de vente et des prix réellement signés sera déterminante pour mesurer l’ampleur de ce rééquilibrage.

La remontée des taux immobiliers complique la situation des vendeurs

La question du financement redevient centrale sur le marché immobilier français. Après une période de détente, les taux des crédits immobiliers ont repris le chemin de la hausse à la rentrée 2026, réduisant progressivement la capacité d’emprunt des ménages. Pour un budget mensuel identique, une augmentation du taux d’intérêt diminue le montant qu’un acquéreur peut emprunter. Les candidats à l’achat doivent alors revoir leurs ambitions, mobiliser davantage d’apport personnel ou négocier une diminution du prix de vente. Certains préfèrent également reporter leur projet en attendant une éventuelle amélioration des conditions de financement. Pour les vendeurs, le risque est de rester attachés à des prix correspondant à une période où les crédits étaient moins coûteux, alors que les acheteurs disposent désormais d’une capacité de financement réduite. Ce décalage entre les attentes des vendeurs et les possibilités financières des acquéreurs peut contribuer à allonger les délais de commercialisation.

eXp France : les vendeurs doivent revoir leurs exigences

Samuel Caux, directeur d’eXp France, estime que le marché immobilier français entre dans une période plus délicate. Selon lui, « la reprise des transactions s’essouffle », tandis que les acheteurs se montrent de plus en plus prudents. Le dirigeant souligne que la relative stabilité du nombre de logements disponibles ne doit pas masquer les transformations en cours. Il considère que les vendeurs doivent désormais tenir davantage compte du niveau réel de la demande et des contraintes financières des acquéreurs. Les biens affichés à des prix déconnectés du marché local risquent de rencontrer moins d’intérêt, même lorsqu’ils présentent de réelles qualités. Pour Samuel Caux, la fixation d’un prix cohérent dès la mise en vente et une présentation soignée du logement deviennent essentielles. Le marché n’est plus nécessairement celui où un propriétaire pouvait afficher un prix ambitieux en comptant sur une forte concurrence entre acheteurs.

Vendre son logement : pourquoi afficher un prix trop élevé peut coûter cher

Pour un propriétaire, il peut être tentant de commencer par afficher un prix supérieur à celui du marché, quitte à le réduire progressivement si les visites se font rares. Cette stratégie présente pourtant plusieurs inconvénients. Un bien surévalué risque de ne pas apparaître dans les recherches des acquéreurs dont le budget est légèrement inférieur. Il peut également rester longtemps en ligne, donnant l’impression qu’il présente un défaut ou que son propriétaire refuse de négocier. Lorsque le prix est finalement réduit, les acheteurs peuvent chercher à obtenir une décote supplémentaire. Dans un marché où les acquéreurs prennent davantage de temps pour décider, une estimation réaliste dès la première publication de l’annonce devient un véritable atout. La qualité des photographies, la transparence sur les travaux éventuels, le diagnostic de performance énergétique et la connaissance des prix réellement pratiqués dans le quartier jouent également un rôle important.

Les acheteurs retrouvent-ils enfin la main sur le marché immobilier ?

L’augmentation du stock de logements à vendre pourrait progressivement modifier le rapport de force entre vendeurs et acquéreurs. Un choix plus large permet de comparer les caractéristiques des biens, d’identifier les logements dont le prix semble excessif et de négocier lorsque les délais de vente s’allongent. Pour autant, cette situation n’est pas uniforme sur l’ensemble du territoire. Dans certains quartiers recherchés, l’offre reste insuffisante et les biens attractifs continuent de se vendre rapidement. Dans d’autres secteurs, les annonces peuvent s’accumuler sans trouver preneur. Le véritable indicateur à surveiller n’est donc pas uniquement le nombre de logements disponibles, mais aussi la durée nécessaire pour les vendre et l’évolution des prix de transaction. Pour les candidats à l’acquisition, la prudence reste de mise : une négociation réussie sur le prix d’achat peut être partiellement annulée par une hausse du coût du crédit immobilier.

Un indice utile, mais qui ne mesure pas directement les nouvelles mises en vente

L’indice d’activité des vendeurs d’eXp France repose sur les annonces de maisons et d’appartements disponibles à la vente dans les treize régions métropolitaines. Les données du troisième trimestre ont été collectées le 12 octobre 2026 et comparées à un précédent relevé effectué en juillet. Il s’agit donc d’une comparaison entre deux photographies du stock de biens disponibles, et non d’un comptage des logements nouvellement mis en vente pendant le trimestre. Cette distinction est essentielle pour interpréter correctement les résultats. Un stock qui augmente de 0,8 % ne signifie pas que les propriétaires ont mis 0,8 % de logements supplémentaires sur le marché. Il signifie que le nombre de biens encore proposés à la vente au moment du relevé est supérieur de 0,8 % à celui observé lors du relevé précédent. Les annonces retirées, les ventes conclues et les nouvelles publications contribuent toutes à cette évolution. Les résultats doivent donc être considérés comme un indicateur de l’offre visible, et non comme une mesure exhaustive des intentions de vente des propriétaires.

Immobilier : vers un marché où les prix devront davantage s’adapter aux acheteurs ?

Avec 862 405 logements proposés à la vente et une progression trimestrielle limitée à 0,8 %, le marché immobilier français ne connaît pas de bouleversement spectaculaire du côté de l’offre. Mais cette stabilité apparente intervient dans un environnement moins favorable aux acquéreurs, confrontés à des taux d’intérêt plus élevés et à des conditions de financement plus exigeantes. Pour les vendeurs, l’enjeu n’est donc pas seulement de trouver un acheteur, mais de trouver un acheteur capable de financer son acquisition au prix demandé. Si les conditions de crédit continuent de se dégrader, les propriétaires qui souhaitent réellement vendre pourraient être contraints de revoir leurs prétentions. Le marché immobilier ne se résume pas à un nombre d’annonces : c’est avant tout la rencontre entre un prix acceptable pour le vendeur et un budget supportable pour l’acheteur.

Sources des données

Étude eXp France, indice trimestriel d’activité des vendeurs, troisième trimestre 2026. Données issues des annonces immobilières publiées sur SeLoger, recueillies le 12 octobre 2026 et comparées à un précédent relevé de juillet 2026. Consulter les tableaux détaillés de l’étude eXp France. Déclarations de Samuel Caux, directeur d’eXp France, extraites de la communication accompagnant la publication de l’indice.

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